Le Vélodrome porte dans son nom une fonction qu’il a perdue depuis longtemps. Retour sur les étapes qui ont fait passer un équipement municipal polyvalent au stade de club le plus imposant de France.
1937 : un stade, et une piste
Le stade est inauguré en 1937. À l’époque, l’équipement est pensé comme polyvalent : il comporte une piste cyclable qui ceinture la pelouse — d’où son nom. Cette configuration éloigne les spectateurs du terrain, ce qui, pour l’ambiance, n’est pas un détail neutre.
La piste disparaîtra, et avec elle la distance entre les tribunes et le jeu. C’est la première grande transformation de l’identité du lieu : le Vélodrome cesse d’être un stade omnisports pour devenir un stade de football.
1998 : la Coupe du monde
L’organisation de la Coupe du monde 1998 en France impose une remise à niveau. Le stade est agrandi et sa capacité augmentée de façon significative, le portant dans la catégorie des grandes enceintes internationales.
Cette rénovation laisse toutefois le stade à ciel ouvert. Les tribunes sont hautes, mais rien ne les couvre. Par mistral, l’expérience est mémorable ; par pluie, un peu moins.
2014-2016 : le toit
La transformation la plus visible est la dernière. En vue de l’Euro 2016, le stade est reconstruit en grande partie et doté d’une toiture qui couvre l’ensemble des tribunes, avec sa silhouette ondulante devenue le repère visuel du sud de Marseille.
L’effet dépasse le confort. En renvoyant le son vers la pelouse au lieu de le laisser se disperser, le toit a changé l’acoustique du stade. C’est de cette rénovation que date la réputation actuelle du Vélodrome comme l’une des enceintes les plus sonores d’Europe.
La capacité atteint alors les 67 394 places actuelles, faisant du Vélodrome le plus grand stade de club de France.
Un stade dans la ville
Une constante traverse ces quatre-vingt-dix ans : l’adresse. Le stade n’a jamais été déplacé en périphérie, comme cela s’est fait ailleurs. Il est resté dans le 8ᵉ arrondissement, entouré d’immeubles d’habitation.
C’est une contrainte permanente — pour l’accès, le stationnement, le voisinage — et c’est aussi ce qui explique le rapport particulier entre la ville et son stade. À Marseille, on ne va pas au stade : on y descend.
Les dates à retenir
| Année | Étape |
|---|---|
| 1937 | Inauguration, avec piste cyclable |
| 1998 | Agrandissement pour la Coupe du monde |
| 2014-2016 | Reconstruction partielle et pose de la toiture |
| Aujourd’hui | 67 394 places, plus grand stade de club de France |
Pour les repères pratiques, voir notre fiche du stade Vélodrome.